Rougier lance sa deuxième ligne de sciages au Congo, malgré le contexte morose
(Agence Ecofin) - Reflet d’un contexte « particulier », le groupe forestier Rougier accuse un déficit part du groupe de 1,1 million d’euros sur le premier semestre contre un résultat positif de 1,5 million sur la période correspondante en 2011, son chiffre d’affaire étant quasi stable à 73,7 millions d’euros. Sa capacité d’autofinancement est tombée à 2,4 millions d’euros alors qu’elle était encore à 4,9 millions fin juin 2011, le coût de son endettement s’élevant à 1,3 million d’euros et sa charge d‘impôts étant passée de 268 000 euros début 2011 à plus d’un million d’euros (1,05 million) au premier semestre.
Les raisons de cette performance? Une baisse du chiffre d’affaires des activités d’importation et de distribution en France, passé de 23,1 millions début 2011 à 1958 millions au premier semestre 2012 alors que, parallèlement, la branche Rougier Afrique International progressait de 55,6 millions à 56,6 millions d’euros.
Pourtant, les difficultés logistiques au Gabon ont lourdement pesé sur l’activité en Afrique de ces derniers mois. Le lancement en 2011 de grands travaux dans le pays a créé un engorgement du port qui demeure sous-équipé et, en tous les cas, qui n’était pas préparé à l’afflux de produits de bois transformés suite à l’interdiction début 2010 d’exporter des grumes. « Les quais ne sont pas encore construits mais le temps de chargement est réduit », souligne Marie-Yvonne Charlemagne, directeur financier du groupe. En outre, il y a eu la CAN début février et des grèves par la suite. Surtout, l’effondrement du pont sur l’Ogooué a totalement perturbé l’approvisionnement en grumes des usines, sans oublier les incidents techniques en mars sur le réseau ferroviaire.
Si au Cameroun les résultats n'ont pas été au niveau attendu, notamment parce que les « mutations industrielles sont longues », au Congo en revanche, la situation a été très bonne avec une demande soutenue en sapelli. L’usine existante est petite mais sa deuxième ligne de sciage est lancée aujourd’hui.
La quête de la performance
Car le pari de Rougier est d’améliorer la performance. « Les investissements en 2013 et 2014 seront importants car il faut repenser nos usines afin d’améliorer les rendements et valoriser toutes les qualités, même les basses, dans une grume », poursuit-elle. Sur le marché européen du contreplaqué, en pleine restructuration du fait notamment de cet arrêt des exportations de grumes d’okoumé du Gabon et de la crise économique, Rougier veut réduire ses volumes et ne se concentrer que sur le contreplaqué certifié FSC, même si cela le conduit à développer ses ventes de contreplaqués d’essences autres que tropicales comme le peuplier.
Notons que le groupe Rougier ne distribue au sein de son groupe qu’environ 10% de sa propre production. « La rentabilité recherchée s'appuie sur des produits certifiés pour les marchés matures comme l’UE, les Etats-Unis, l’Amérique latine. »
Sur les autres marchés comme l’Asie, marchés très concurrentiels, la performance du groupe est bonne, Rougier faisant jouer « l’effet de gamme, notre marque et nos équipes », fait remarquer le directeur financier. L’année dernière, le groupe a développé son réseau de distribution sur les Etats-Unis, l’Amérique latine, les Caraïbes. Aux Pays-Bas, Rougier s’est taillé sa place face au meranti du sud-est asiatique notamment, tandis que le marché libyen reprenait. « Notre objectif est d’avoir un positionnement différencié des Asiatiques et d’être un leader sur le bois certifié en Afrique », remarque Marie-Yvonne Charlemagne.
Cette recherche de performance passe par une accélération de l’industrialisation en Afrique. D’où le partenariat en cours de discussion avec la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, pour un financement maximum de € 22,7 millions sur un plan d’investissement 2012-2016. Des partenariats institutionnels privilégiés par le groupe, tant pour des raisons d’accès aux financements que d’image. Rappelons que l’année dernière, 35% de Rougier Afrique International a été cédé pour € 24 millions à la Caisse des dépôts et consignation (CDC) du Gabon.
Ces partenariats devraient permettre d'accélérer les projets du groupe, telle la cogénération de biomasse qui devrait être décidée en fin d’année et qui contribuerait à l’autonomisation énergétique de l’usine de Mbang au Cameroun pour s’affranchir du gasoil. Suivront ensuite la modernisation de l’usine de Franceville au Gabon et la deuxième usine au Cameroun.
Côté plantations que le groupe développe au travers de Lignafrica, les premières productions (PFM) devraient voir le jour en 2013 à Mvoum au Gabon. Des négociations sont en cours avec la CDC du Gabon pour qu’elle rentre au capital de PFM à hauteur de 15%.






























