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Lancement à Abidjan de « Convergence » pour la promotion de l’industrie culturelle et du secteur audiovisuel en Afrique 

(Agence Ecofin) - L’association Convergence a lancé hier ses activités à Abidjan. Portée par Béatrice Damiba (photo), ancienne présidente du Conseil supérieur de la communication du Burkina Faso, l’association veut notamment lutter contre le piratage audiovisuel.

Les mutations technologiques en cours et la multiplication des chaînes de télévision en Afrique placent les acteurs du secteur audiovisuel devant un nouveau défi : comment produire et diffuser suffisamment de programmes de qualité alors que certains médias ne respectent pas les droits d’auteur ou de diffusion ?  Face à ce défi, des professionnels du secteur (auteurs et producteurs, artistes, autorités de régulation, diffuseurs et chaînes de télévision, opérateurs satellitaires et de téléphonie…) ont décidé de se fédérer pour créer l’association Convergence officiellement lancée à Abidjan, le 9 décembre.

L’idée a été lancée lors du dernier Fespaco à Ouagadougou, en mars 2015, par l’ancienne présidente du Conseil supérieur de la communication du Burkina Faso, Béatrice Damiba. Ses objectifs : défendre les intérêts économiques du secteur audiovisuel, promouvoir les investissements et les productions locales, soutenir la mise en place de législations efficaces et lutter contre le piratage. « La protection des industries culturelles, des créateurs et des artistes est une condition indispensable pour favoriser l’émergence de contenus audiovisuels de qualité. Nous devons donc lutter contre le piratage pour attirer les investisseurs internationaux et promouvoir les productions africaines. Si nous voulons que l’Afrique véhicule ses valeurs et sa culture, via ce soft power que constitue la production audiovisuelle, nous devons protéger les professionnels. La responsabilité des diffuseurs est engagée dans ce combat », explique Béatrice Damiba, présidente de l’association Convergence.

Le déficit d’application du droit de la propriété intellectuelle laisse en effet prospérer dans plusieurs pays du continent le piratage de films, de musiques, de programmes, de concerts télévisés, de compétitions sportives retransmises…, avec à la clé de lourdes pertes économiques. Alors que la place de l’Afrique sur la scène culturelle internationale devient indiscutable et que le rayonnement des artistes africains dépasse régulièrement les frontières du continent, cette question du droit d’auteur et de la protection intellectuelle devient cruciale. Le secteur créatif (musique, cinéma, télévision…) représente déjà entre 3 % et 5 % du PIB en Afrique, selon différentes études (« Africa by numbers », Conférence sur l’économie créative en Afrique, 2013).

« Empêcher le piratage et réinvestir les revenus dégagés de la vente légale de produits audiovisuels permettra l’installation d’un cercle vertueux au profit de tous, des créateurs aux téléspectateurs. Le potentiel de la culture africaine n’est à l’évidence pas encore pleinement exploité. Qu’il s’agisse du cinéma, de la musique, de la littérature ou de la télévision, l’industrie culturelle et créative africaine est d’une telle richesse qu’elle peut engendrer des ressources inespérées », ajoute Béatrice Damiba prenant en exemple Nollywood. S’appuyant sur une lutte sans merci contre le piratage, le Nigeria dispose d’une industrie cinématographique qui pèse plus de 3% du PIB national et qui produit plus de 2000 films par an.

Basée à Abidjan, Convergence va dans un premier temps effectuer des études pour évaluer le poids de la création audiovisuelle en Afrique et les conséquences économiques du piratage. L’association va également lancer des campagnes de sensibilisation auprès du grand public et des décideurs pour contribuer à la mise en place d’un cadre réglementaire plus strict. 


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